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Article Argus Automobile

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Conseils à un chercheur d'emploi par Internet

Joseph Gicquel  Mardi 21 septembre 2010


Après la crise, comment se situe l’emploi dans l’automobile, quels sont les secteurs en pointe et ceux qui baissent ? Et quelles précautions prendre quand on dépose sa candidature sur Internet, aujourd’hui vecteur essentiel de mise en commun des offres et des demandes ? Les réponses d’un observateur de premier plan du secteur.

«Un CV par Internet ne se lit plus du tout comme un CV papier. Les recruteurs les filtrent d’abord avec des mots-clés»

Votre site Internet dédié à l’emploi dans l’automobile existe depuis 1999. A partir de cet observatoire hors pair, quelle description faites-vous de la situation du secteur ?
L’emploi se répartit en quatre segments de l’activité automobile : conception, industrialisation-ingénierie, production, distribution. Dans la production, l’emploi suit l’évolution centrifuge de l’automobile.

L’externalisation, les transferts de fabrication à l’étranger entraînent, au-delà des suppressions de postes, un mouvement de baisse qui fait que ce segment ne présente plus, en France, d’attractivité. Cela, chez les constructeurs automobiles comme les équipementiers, les seconds étant tributaires des premiers. Le segment de l’industrialisation subit le même phénomène
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En revanche, les deux extrémités de la chaîne continuent d’embaucher. La conception fait appel à des métiers de pointe, des techniciens, ingénieurs, employés de bureaux d’études. Ces postes constituent toujours un réservoir d’offres. En fin de chaîne, crise ou pas, il faut toujours des vendeurs pour écouler les voitures. La distribution reste donc un secteur d’embauche dynamique.

Quel critère, aujourd’hui, outre la compétence elle-même, vous paraît jouer un rôle important dans la réponse à une offre ?

La mobilité ! Avec la mondialisation, les implantations des constructeurs dans des pays étrangers, les postulants du secteur de la conception doivent être capables d’être mobiles, accepter de séjourner plusieurs mois, voire plusieurs années, hors de France.

Dans la distribution, les concessions, garages sont des pourvoyeurs d’emploi locaux mais il est évident qu’il faut, là aussi, élargir son périmètre de recherche et accepter d’aller dans un département voisin, une région voisine, voire au-delà : tout dépend, là, de ce que recherche le candidat et de l’attractivité du poste disponible.

Vous vous êtes positionné très tôt sur l’offre et la recherche d’emploi par Internet. L’importance de ce vecteur se confirme-t-il ?
Internet est désormais un vecteur incontournable de l’emploi. Pour se rendre compte de l’importance qu’il a définitivement pris, il suffit de se rappeler les magazines, hebdomadaires d’il y dix ans ou d’y remettre le nez. Leur cahier Emploi a fondu, certains de moitié. Pour les employeurs comme pour les demandeurs, c’est un outil incomparable en termes de réactivité, de ciblage, d’efficacité… et de coût !

Internet induit-il une nouvelle approche de la part des recruteurs, une nouvelle façon de prendre en compte les demandes ?
L’approche Internet est très différente. Beaucoup de gens pensent encore que le Net n’est qu’un tuyau par lequel transitent les offres et les demandes ou une boîte dans laquelle on les met en commun. C’est une erreur grave.

Grâce aux atouts de l’informatique, la figuration d’un e-CV subit un traitement dynamique, interactif. Entendez par là que l’employeur commence, le plus souvent, par interroger toute l’offre disponible en saisissant les mots-clés qui caractérisent le poste à pourvoir et les compétences recherchées. Lorsque la recherche “sort” les CV pertinents, il les imprime afin de les consulter.

Nous ne sommes donc plus du tout dans le même mode qu’autrefois où l’apparence physique du CV elle-même avait son importance. Aujourd’hui, ce sont les mots, le contenu qui priment.


Cela veut donc dire qu’il faut soigner les mots, qui serviront de critères ?
C’est impératif. La première précaution, cruciale, à prendre est de traquer les fautes d’orthographe, donc de faire relire son CV. Pas pour éviter de susciter une mauvaise impression comme le faisait le CV papier puisque le recruteur, d’emblée, ne le lit pas mais pour que les mots coïncident avec les requêtes du recruteur.

Un mot mal orthographié peut faire en sorte qu’une candidature ne va pas être captée alors que les compétences du candidat correspondent peut-être au profil recherché !

Un autre atout d’Internet est que, les CV étant accessibles à tout le monde, les candidats peuvent s’observer et emprunter les bonnes idées des autres ?
C’est vrai, et c’est un atout car il est toujours bon de copier les bonnes idées. Mais c’est un exercice qui exige de la prudence, du doigté. Car, d’une part, il faut éviter l’uniformité et, de l’autre, il ne faut pas donner l’impression qu’on a copié le CV d’un autre candidat !

D’autant que, là encore, par les performances de l’informatique, sur Internet, tout s’enregistre, est “tracé”. Si le recruteur trouve deux CV très ressemblants, il pourra aisément savoir quel auteur a copié l’autre en se référant aux dates d’enregistrement !

C’est une approche beaucoup plus technique que l’approche conventionnelle, quasi scientifique…
Scientifique est sans doute exagéré mais il est certain que cette approche formatée ne laisse aucune place, de prime abord, à l’affect, au subjectif. Elle permet aussi aux recruteurs de faire abstraction des leurres, positifs ou négatifs, que contiennent les CV. L'interrogation initiale est purement factuelle, objective. La démarche sensible, la dimension humaine n’interviennent qu’après, quand le recruteur imprime le CV et le lit comme il le fait sur papier, ainsi que la lettre de motivation.
Internet a été, pendant un certain temps, à cause de son aspect fourre-tout, synonyme de facilité, d’une exigence moindre. Ces conseils prouvent que même rigueur est exigée via Internet que via les voies traditionnelles.
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